Toutes les couleurs du monde

Un film contemplatif aux qualités esthétiques indéniables. On suit ici, notre personnage, Bambino, isolé tant par le cadre que par le silence qui représente son quotidien : oppressant ou rassurant ? On ne saurait le dire… Cela crée un véritable paradoxe avec le monde extérieur qui semble vivre, à travers des couleurs chaudes, des bruits alentours mais également les apparitions impromptues et de conflits de voisinage. On se rends vite compte que ce sont les vies des autres qui prennent le dessus. Ici le réalisateur, Babatunde Apalowo,  construit cette histoire traitant de l’homosexualité à travers la discrétion et le silence, dans un contexte Nigérian (un sujet encore rare car tabou dans le pays). On a un film qui, certes, fait preuve de quelques maladresses en esquissant certains développements mais osant toucher des sujets forts et parfois sensibles dans ce pays. Il ne faut pas oublier qu’il existe une impossibilité d’assumer publiquement et un fort risque d’agression toujours très présent au Nigeria). On a donc ici, un film audacieux qui cherche à dénoncer, sans trop montrer, et qui se termine en citant une autre problématique forte : la condition des femmes mariées. Juste pour le courage de mettre cela a l’écran, BRAVO.

Capture toutes les couleurs du monde
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